L’exercice des repères biographiques, sans doute un peu vain, a le mérite de remettre un semblant  d’ordre  dans  le  grand  capharnaüm  des  dates  et  des  lieux,  et  de  répondre  à  la  question  souvent posée lors d’une première rencontre : d’où venez-vous ? Cela ressemble aussi à un tombeau, comme une façon de préparer son propre discours funèbre. Voici quand même…

Naissance à Clermont-Ferrand, puis départ rapide pour Argenton-sur-Creuse. Père responsable de développement d'échangeurs thermiques, venu de Magione en Italie à l'âge de trois ans; mère attachée d'intendance, originaire de Haute-Savoie (Samoëns) et du Gard. Premiers souvenirs de fossés, de vallons, de voyages, de jardins et de chats.

 

 

 

Enfance heureuse à Ferney, près de Genève, marquée par les visites au Muséum d’Histoire Naturelle et au Musée d’Ethnographie ainsi que par les randonnées  familiales en montagne et la cueillette des champignons à la fin de l’été. Explore le parc du Lycée international en écrivant des poèmes sur les chouettes. Premiers chats, premiers rêves érémitiques, premières lectures passionnées (London, Verne, Frison-Roche, Stevenson…).
Années blanches. Déménagement à Chambéry en Savoie. Lectures compulsives des grands romanciers du XIXe (Hugo, Balzac, Zola, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski…), puis découverte éblouie de Giono. Douze ans est l’année de l’éveil. Choc à l’écoute des disques de Jean Vasca Le Grand Sortir et Midi, puis rencontre de l’auteur-compositeur-interprète en avril 1987 au Printemps de Bourges. Découverte de Kenneth White et de la littérature japonaise (Bashô, Buson et Ryokan, Nagaï Kafû, Sôseki et Kawabata, Kamo no Chômei…). Écrit un premier "livre" sobrement intitulé : Nord-sud-est-ouest, visions et images.
Années noires (comme un costume de scène). Les parents ayant fondé à Chambéry une association dédiée à la « chanson vivante », assiste à de nombreux spectacles mémorables (outre Jean Vasca, on peut citer Jacques Bertin, Jean Guidoni, Claude Nougaro, Léo Ferré, Louis Arti, Catherine Ribeiro, Annkrist, Michèle Bernard, Colette Magny, Angélique Ionatos, Barbara, Anne Sylvestre…). Cinéphilie intense (Antonioni, Visconti, Bergman, Tarkovski, Ozu, Satyajit Ray, Cassavetes…) et lecture éperdue de Proust, Thomas Mann et Kafka. Diverses tentatives d’écriture.
LionelAnnées d'errements et d'études de lettres à Lyon. Découverte de Jean Follain, Jacques Réda, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Jean-Pierre Abraham, Nicolas Bouvier. Après une période de repli, renoue avec le monde extérieur, en Savoie, en Bretagne, en Écosse. Rencontre amicale avec l’artiste-peintre bretonne Laurence Sibille — un premier livre en commun parait en novembre 1996 aux éditions Mutine, D’un hiver à un autre. Rencontre Kenneth White, Nicolas Bouvier, Jean Morisset. Fonde et anime, avec Yvan Dendievel, l’Atelier géopoétique du Rhône, qui organise des marches à travers Lyon et ses environs, des conférences, des rencontres dans différents lieux porteurs (notamment plusieurs jours de pratique du haïku en Vanoise). Découverte de la pratique de la méditation, dans le cadre du Zen. Séjour solitaire, automnal et refondateur dans un chalet d’alpages, qui donnera lieu au livre Le grillon de l’automne. Épouse Nathalie en septembre 1998. Rédige avec elle pour le C.O.R.A.-Rhône un livret pédagogique sur les oiseaux en milieu urbain. Se passionne pour l’ornithologie. Première année d’enseignement au lycée de Saint-Priest.
Voyage dans le grand erg oriental au sud de la Tunisie.
GuyaneAnnées vertes d’un long séjour en Guyane, d’abord dans le petit bourg de Maripasoula (2000-2001) à la frontière guyano-surinamaise, puis à Balata près de Matoury (2001-2003) et à Rémire-Montjoly (2003-2007) : ces trois lieux seront évoqués dans les trois parties de L’éloignement. Première publication de Le grillon de l’automne fin 2004. Abandonne l’idée d’écrire des livres, mais continue à accumuler les notes (on ne sait jamais). Rencontre un jeune amérindien palikour, qui deviendra le personnage d’Éliton dans L’éloignement. Période de crise. N’osant plus écrire, passe l’agrégation de lettres et en profite, entre autres, pour relire Leiris. Voyages au Brésil, en Écosse.
Naissance de Léo en 2006.
LionelRetour vers la montagne, installation dans un hameau savoyard. Séjours à Venise, en Bretagne, sur l’île de Madère. Mort des grands-parents italiens (2010, 2013). Maladie de la mère. Naissance de Clément (2010). Longue période de retraites et d’étude du bouddhisme. Se détourne décidément de l’écriture, jusqu’au choc d’une rencontre avec le poète Vahé Godel, à Genève, en janvier 2012, sous la houlette de Fabrice Midal.

Commence alors une période d’écriture intense, d’abord de L’éloignement. Séjours en Dordogne ; se passionne pour l’art des grottes. Participe un temps aux activités du nouvel atelier géopoétique du Rhône ainsi qu’à un colloque de l’institut international de géopoétique consacré à la ville (communication sur Jacques Réda), avant une franche rupture avec K. White. Découvre avec enthousiasme l'accordéon de concert, qui devient peu à peu une pratique à part entière.

Mort de la mère le 14/7/2014. Ouverture du site « Traces », publication d’une nouvelle version du Grillon de l’automne aux éditions Livres du Monde et de L’éloignement aux éditions Mutine. Passé le temps du retrait et des retraites, se sent prêt à assumer pleinement son « écrivanité »...
Bio6Poursuit paisiblement ses activités d'écrivain-professeur et musicien amateur, en donnant ici ou là des lectures et en développant le présent site-Atelier. Parution, en juin 2016 aux éditions de L'Harmattan, de Ville et géopoétique, ouvrage collectif reprenant une communication sur Jacques Réda. Commence une collaboration avec le graveur Jérôme Bouchard (L'attente des images). La route ordinaire (Savoie-Isère, Journal de la D207) parait en mars 2017 aux éditions Livres du monde, et donne lieu à une lecture musicale présentée dans divers lieux avec Léo à l'accordéon. Deuil et séparation. Continue l'apprentissage de l'accordéon avec Léo, commence celui du saxophone avec Clément.