On n’arrive à entrevoir la beauté que de côté.

Tomas Tranströmer

 

Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté !...

Dominique A, Vers les lueurs

 

 

Cette année-là, comme naguère, comme souvent, nous nous retrouvions pour une escapade au dehors (avec grand vent camarguais, feux d’artifice des flamants, affuts et longues marches) comme au-dedans (car c'est en Camargue que ma mère avait passé la plus grande partie de son enfance et de son adolescence). De retour de balades j’écrivais L’éloignement assis dans un coin de la cour pendant que chacun vaquait à ses vacances. Longues palabres, longs silences, et le vent qui ceinturait cela. 

Je découvrais aussi l’utilisation du dictaphone, dont je me servirais ensuite pour écrire les textes de Sorties de route : le texte « D’où tu viens ?», qui ouvre l’avant-dernier chapitre de L’éloignement, a ainsi d’abord été « écrit » en marchant autour du mas où nous logions, en Camargue – lieu et mot que j’associais et associe toujours par ailleurs à la Guyane. (On trouvera ici cet enregistrement certes anecdotique, mais qui permet de mesurer le peu de travail effectué après coup sur ces paroles naïves et répétitives, mais soufflées par le vent, les circonstances, le lieu, dans un moment dont on peut percevoir, me semble-t-il, l’intensité particulière.)

Pour le reste, seulement quelques bribes, encore et toujours, que je rassemble, avant de repartir ailleurs, dans ce coin de l’Atelier dédié à la Camargue et à l'abade (et qu’elles entrent ou non plus tard dans la composition d’un tableau abouti est au fond secondaire).

 

Le Villard, avril 2015

"D'où tu viens?"