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CE RÊVE D’ÎLE

 

 

L’aube, chaque fois différente : au-dedans ce fouillis d’images ; au-dehors ce fouillis d’images.

 

La marée laisse derrière elle le tronc blanchi qui me servait de tronc et qui ressemble maintenant à un jeune phoque endormi.

 

Un petit chien fouille la grève, chapardeur furtif que ma présence effraie.

 

Cette nuit encore on entendait « le bruit que ça fait », cet oiseau nocturne qui, sans doute, se nourrit de ressorts et de sonnettes détraquées.

 

Maintenant le chant des merles (si puissant qu’on est tenté de dire la clameur, le cri) et les trilles des martinets résonnent contre la falaise au-dessus de la grève.

 

Ce trait sombre au large : un cétacé, une barque ?

 

Puis le soleil perce, enflamme les rochers, la mer, repeint en vif tout le village et jusqu’aux ruines, et jusqu’aux rochers les plus noirs. Salut soleil ! trop tôt repris par les nuages, ce fut si bref et tout s’éteint...

 

Soleil d’août déjà un peu alangui, furtif comme un chien errant, car déjà les jours raccourcissent et le fracas des vagues ne couvre qu’à peine le glissement plus discret du sable dans le goulot du sablier. 

 

On s’accrochera à l’été. On tâchera de vivre cette journée avec toute l’intensité requise, à hauteur d’aube et de falaise — ce rêve d’île.

 

2 août 2013