Dans quelques centimètres carrés seulement il rase des montagnes, érige des barrages, inonde des déserts. De la faune et la flore, de ses propres tourments et délices, il est l’auteur. Comme le chien tourne deux trois fois sur lui-même avant de se coucher enfin pour une courte nuit, le graveur s’installe au creux du bois et s’y livre à son activité de rongeur jusqu’à ce que le dessin émerge seul à la surface du bois. Lui sont alors dévolus toute l’encre et le papier utiles à sa reproduction, de sorte qu’on le retrouve jusque dans les pages des livres et les murs des maisons.

Jérôme Bouchard