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D’UN CERCUEIL

(nocturne, 3)

 

 

 

Enfermé

dans le cercueil de la nuit

occupé à 

clouer de l’intérieur

à te calfeutrer. 

 

Enfermé asphyxié si

lentement

que la respiration n’en paraît

qu’atténuée.

 

De vieux chats

perdus depuis longtemps

rôdent autour.

 

Par l’interstice tu peux voir

ta grand-mère

qui se réjouit

d’avoir enfin pu rentrer

dans la petite maison 

qu’elle n’habitera plus jamais.

 

Tu entends

la voix de ton grand-père 

mort, aussi.

 

Enfermé dans le cercueil de la nuit

tu frappes 

tu cognes à la caisse

il y a erreur, moi je suis vivant !

 

S’ouvre un très long couloir 

où s’entassent des jouets

qu’un enfant plein d’ennui dédaigne –

 

et toi tu cognes à la caisse.