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 D’UN HIBOU 

(nocturne, 4)

 

 

 

Passé minuit

les enfants continuent leurs jeux 

dans la cour enténébrée

ils disputent 

une dernière partie de ballon 

les murs arrêtent leurs rires

demain beaucoup partiront.

 

Au loin dans la vallée s’étirent

les tentacules orange des routes 

qui relient les bourgs.

 

Le cri d’un hibou questionne

l’inquiétude

la maladresse.

 

Brise nocturne

le cœur aussi

déité tout à fait découragée se brise 

et se reforme plus haut peut-être

parmi les étoiles.

 

Ces enfants qui jouent 

en l’insouciance de

l’été de leurs douze ou treize ans

plus tard peut-être se souviendront-ils

des sensations éperdues

de leur liberté perdue

et leur cœur aussi se brisera.

 

Pars, écarte-toi

dans la lumière tu n’es pas 

à ta place

va dans la peur des ombres

vieil hibou hululant hué 

par les lueurs

qu’est-ce que tu fais là ?