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LA GRÊLE

 

Violent orage. Averse de grêle qui fouette en biais. Vacarme. Bouleaux pliés. Le plancher vibre. La maison ballottée.

Rêvé cette nuit que je rendais visite à ma grand-mère encore en vie. Elle habitait la Cité Bougerolle, des barres d’immeubles gris entre lesquelles je me perdais. Elle était seule. Paniquée. Angoissée. Avait oublié que mon grand-père était mort, et je revois son air affolé, incrédule, soupçonneux, lorsque je le lui rappelais. Ce n’est qu’à cet instant que je comprenais qu’elle était, comme on dit, « retombée en enfance », qu’elle était une toute petite enfant de trois ou quatre ans. Je la serrais dans mes bras, tentais de la rassurer comme on le fait avec un enfant. Son regard flou, un peu hagard. Ses larmes, sa voix fluette, son air boudeur. 

C’est ainsi que s’ouvre ce carnet nouveau. Sur une tempête et un cauchemar. On peut toujours y lire la confirmation de la venue d’un printemps chaotique, d’un temps instable. Les renaissances ont de la grêle dans les feuillages.

 

3 mai 2013