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NUIT DE VEILLE

 

 

 

Ces journées longues qui suivent le solstice, on les prolonge encore en regardant les crêtes bien après le coucher du soleil. On fait le ménage, on nettoie les vitres, et tout rutile et sent le frais. Le beau temps s’installe et les ombres sont belles. 

Puis je m'assois dans le salon vide, entre le grand accordéon Bayan que j’ai finalement acheté (que je ne quitte pas des yeux) et le tas des carnets. Je reste là à ruminer des souvenirs, à mastiquer ma mémoire, à refaire l’histoire à l’envers, en tous sens, méthodiquement. À réécouter des voix, des musiques qui ravivent jusqu’à l’insoutenable la nostalgie. À pleurer paisiblement. C’est ma façon de passer un moment de plus en compagnie de l’Absente.

Le coucou chante dix heures, les chauves-souris ont repris leurs voltiges et un unique et superbe nuage tout liseré de mauve comme une fleur à la dérive traverse lentement le ciel vide. 

Le coucou clame minuit et rien ne bouge. Les chats font cercle. Je regarde l'accordéon muet. Nulle porte ne claque. La veille douce dure. 

 

27 juin 2015

13/06/2015, concert à La Table (extrait)