VigieVillardfévrier2016

 

Février. Par-delà les crêtes la guerre se déchaîne. Des hommes meurent en mer, meurent sous les bombardements en Syrie ou dans les camps de Libye, des hommes par milliers s’enfuient et se heurtent aux barbelés censés protéger, mais à quel prix, notre quiétude. On a honte de vivre, honte d’écrire sur la pluie, le beau temps, honte pour l’homme.

L’enfant, cependant, avec insouciance s’empare du vieux violon désaccordé et tente d’en tirer une mélopée grinçante. Tournent la neige, la pluie, les nuages. Les ouvriers travaillent à refaire le toit détruit par l’incendie, et bon an mal an je m’affaire au livre de La Route ordinaire, ne m’interrompant guère que pour quelques impromptus en forme de sonnets, ou la musique, ou des travaux de peinture...

 

Le Villard, 18 février 2015