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Ô CE VOLET QUI BAT DANS UNE NUIT D’HIVER…



Ô ce volet qui bat dans une nuit d’hiver
Que l’on entend toujours depuis la haute enfance…

Jean Vasca

Toute la nuit le volet bat contre le mur de la maison. Mais ce n’est déjà plus l’hiver.

À bien y regarder le printemps, si positivement connoté par la grâce de mille clichés odorants, ressemble d’abord à une catastrophe, ce que suggère d’ailleurs bien le mot de « débâcle ». Un mugissement de bête blessée s’engouffre dans le conduit de la cheminée. Une porte claque. Un volet tape. Le vent tiède s’est levé qui tourbillonne en rafales à travers la vallée.

Premier coup d’œil par la fenêtre : on croit d’abord que la neige a fondu, mais elle est simplement recouverte d’aiguilles d’épicéas, de feuilles mortes, de branchages, de débris. On constate que le poirier a tenu. Le bureau sous le toit tremble comme la cabine d’un bateau pris dans la tempête. 

5 mars 2013