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LES INTERRUPTIONS

 

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Le temps vacille, vire au gris. Une petite pluie interrompt les travaux du jardin. Mille pensées morcèlent le travail du livre. Pire, voici qu’au lieu d’en avancer la relecture je me préoccupe de trouver une location pour l’académie d’automne de Léo, en Normandie (je me réjouis d'avoir trouvé une assez jolie maison à colombages, pas très loin de la côte...).

Le centre de retraite met en principe l’apprenti retraitant à l’abri de ces « tentations » qui n’en sont pas, qui sont la vie. L’interruption fait partie de la « pratique », comme la pluie va de conserve avec le soleil, ou comme les sons, les odeurs, les images qui nous entourent lorsque nous lisons un livre font partie pleinement de la lecture. Interrompre, c'est enrichir, donner à l'écriture la possibilité de ne pas suivre le cours qu'elle imposait mais peut-être un autre, plus hasardeux ! Je me souviens de certaines lignes de L'éloignement rajoutée au moment où je relisais le manuscrit alors que j'étais en Camargue, installé à l'ombre avec les enfants, Nathalie et mes parents, et qui sont directement ancrées dans ce contexte particulier.

Le futur vers lequel je regarde enrichit le présent ; il est, aussi, ce pour quoi j’écris ; et si je m’exerce à jouer tel morceau de musique ce n’est pas pour le seul plaisir éventuel du moment mais aussi pour pouvoir l’interpréter avec Léo, construire ensemble une œuvre grâce à laquelle on aura pu faire du temps un petit quelque chose.

Je peins. Je flâne. Je lis. Je cuisine. Je bois du thé. Je pianote des mots. J’accordéonne. Je bavarde avec les pies, les chats et l’orage qui, au soir tombé, commence à gronder. Aucune interruption n'est fâcheuse, sauf bien sûr celle du souffle...

30 juillet 2016