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JE JOUAIS DU VIOLON !

 

Vigieavril201705

 

Il y a des rêves qui ne meurent pas
Qu'on vous repasse
Qui vous restent sur les bras
Qui vous dépassent
Il y a des rêves qu'on ne refuse pas...

Dominique A

 

Cette nuit, pendant que la pluie, indifférente aux vicissitudes de ce monde, à la sécheresse au Sahel autant qu'aux élections françaises, s'abat enfin sur la terre sèche et martèle la fenêtre de toit, je dors mal, je me réveille, arpente un moment la maison endormie, bavarde avec mon chat, regarde à la lueur du réverbère les lilas qui dansent sous l’averse, me recouche, lis un moment, puis me rendors.

C’est à l’aube que je me retrouve au sein de cet orchestre de musiciens amateurs, en pleine répétition. Je clame ma fascination pour les cuivres, mon admiration pour les bois, mon enthousiasme pour les cordes, mon amour béat et presque niais pour tous les instruments de musique. Comme j’ai apporté mon vieux violon remis à neuf, je rejoins la formation des cordes à laquelle participent des enfants et ma collègue Marie. D’abord le crin accroche, puis je commence à obtenir un assez joli son. Je rejoue un morceau de mon enfance (si, do, ré, sol, si-la , si-do-ré... même en rêve je n’ai pas oublié). On m’encourage, on s'étonne, je m'étonne. Et soudain je me mets à jouer, à jouer vraiment, Beethoven, Smetana, Berlioz, les symphonies de mon enfance... Cela ne m’était plus arrivé depuis les rêves obsessionnels de l’an passé, auquel un simple essai du vrai violon de Marie avait mis fin (le fantasme aussitôt dégonflé comme un ballon de baudruche par la piqûre de la réalité).

Longtemps après le réveil je reste étendu dans la pénombre à remâcher ce rêve ; puis, comme une voix m’interpelle : « Mais qu’est-ce que tu fais ?
− Du violon... Je jouais du violon... »

Et je sais que, pendant la durée impossible à mesurer de ce rêve dont je conserve une nostalgie sans fond, j’ai vraiment joué du violon.

 

26 avril 2017

 

20/04/2017 - Lettre ouverte aux quatre vents