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Vigiemars2020

 

 

Notes de ma Maison de l'Alpe

 

 

 

Le monde est ainsi fait ; il est difficile d’y vivre, et chacun sent la précarité de sa propre vie, de son habitation. De plus, selon le lieu que l’on habite, ou la condition dans laquelle on se trouve, on se bute à d’innombrables causes de troubles. (…)

Où faudrait-il s’installer, que faudrait-il faire, pour être un peu tranquille, goûter ne serait-ce qu’un instant le contentement du cœur ?
 

Kamo no Chômei, Notes de ma cabane de moine

 

 

Dans un Journal on avance en myope, et si l’on pressent bien la ou les catastrophes que, par peur ou par lucidité, on ne cesse d’imaginer, on ne peut mesurer leur ampleur lorsqu’elles surviennent pour de bon – on ne sait pas de quoi le lendemain sera fait, ni même s’il y aura un lendemain...

 

Dérèglement climatique, tensions politiques, crise éthique et migratoire, dérives populistes, l’époque est plus que jamais anxiogène. Toutes les époques l’ont plus ou moins été, mais pas à cette échelle, pas toujours au point que l’ensemble de l’organisation sociale et économique soit remise en question, pas au point que la possibilité même pour l’homme de vivre sur la Terre semble engagée. Ce n’est pas de tout temps non plus qu’on a vu des milliers de misérables jetés aux portes de l’Europe contre des barbelés, et un virus soudain paralyser la vie de pays entiers : de tels cauchemars ne surviennent pas si souvent.

 

Quoi que.

 

« Depuis que je peux juger des choses de ce monde, plus de quarante printemps et de quarante automnes ont déjà passé, et dans ce laps de temps j’ai été témoin de bien des calamités extraordinaires. (…) C’était peut-être vers l’ère de Yôwa, c’est tellement ancien que mon souvenir manque de précision ; pendant deux années entières, le pays fut plongé dans la famine, en proie à des souffrances terribles. Tantôt, au printemps et en été, la sécheresse, tantôt, en automne et en hiver, des typhons et des inondations ; diverses catastrophes se succédant, aucune céréale n’arrivait à maturité… »

 

Les Notes de ma cabane de moine (1212) de notre vieil ami Kamo no Chômei commencent par une terrible litanie d’atrocités qui viennent finalement justifier le choix d’une vie retirée. Il faut se dire que notre situation, en comparaison, reste pour l’heure enviable.

 

Pour l’heure.

 

Ici, dans le retrait confortable de ma maison, de ma Vallée, cet ermitage qui semble n’avoir été conçu que pour se prémunir des tumultes du monde.

 

Et demain ?

 

Mars 2020, le printemps et la peur…

 

 


 

 

 

Mon portrait dans la glace (1)

 

 

Bonze en mars

 

 

Avec des cheveux, c’est facile
c’est vulgaire et c’est malhonnête
j’aime ce qui est difficile
je veux qu’on aime mon squelette !

Brigitte Fontaine

 

 

Aux premiers jours de mars – alors que la menace semblait encore lointaine – je me suis rasé le crâne. Complètement. Méticuleusement. Plus un cheveu, et la peau apparaît. J’ai peine à reconnaître mon portrait dans la glace.

 

Au départ, ce n’était que pour préparer une séquence de rentrée sur la science-fiction pour laquelle j’incarne un professeur-cyborg, et me dois donc d’être plus ou moins méconnaissable ; mais je n’avais encore jamais poussé les choses aussi loin, et cela signifie autre chose en même temps forcément.

 

Se raser le crâne est signe de renoncement à la vie mondaine, à la séduction supposée de l’ample chevelure qui fut mienne jusqu’à aujourd’hui, à toute velléité de séduction, à ce qui reste de jeunesse même, au profit du crâne sans âge des bonzes et des vieillards. On ne peut me soupçonner de camoufler par ce stratagème une calvitie naissante, comme le dit Michel Leiris pour justifier ses cheveux « coupés très courts, de peur qu’ils ondulent », ou à l’instar du très douteux Gabriel Matzneff : je me rase le crâne pour marquer extérieurement cette cassure intime qui continue de me remplir de stupeur à chaque réveil où je la redécouvre ; je me rase le crâne comme les Amérindiens de Guyane le faisaient à chaque décès, en signe de deuil, parce que sinon on n’arrive pas à y croire (et même ainsi…) ; je me rase le crâne en signe ostentatoire d’acceptation de la solitude qui doit être désormais mon lot, et signe ainsi théâtralement la conscience que j’ai de vivre « dans un monde en fin de parcours » (comme le chantait avec tant de puissance la belle Catherine Ribeiro dans les années soixante-dix, elle qui revient aussi chaque nuit dans mes rêves depuis que j’ai appris la triste nouvelle de son accident).

 

Je renonce, mais je ne renonce pas à faire des phrases et des scènes à partir de mon renoncement, reprenant déjà le chemin de retour de ce balancier mental qui en moi ne cesse d’osciller entre désir de vie et chagrin mortel !

 

Ce crâne lisse, finalement, n’est pas mal proportionné du tout, ainsi qu’on me le dit, et voici que me reviennent en tête les paroles de l’élégant Alexis Lavis qui remarquait, lors d’un séminaire bouddhique, que le crâne rasé était « sexy » pour un homme et que la dimension de renoncement n’était vraiment valable que pour les femmes. Je reprends la pose. Je chante à mon tour : « Je veux qu’on aime mon squelette ! »

 

Comme renoncer est difficile, et peu sincère dès lors qu’on le verbalise par des textes rendus publics, et même par des prières dans lesquelles une part de soi continue sans doute à réclamer tendresse, écoute et réconfort ! Le seul véritable et définitif renoncement serait de se taire, ou de se pendre : on n’en est certes pas là.

 

 


 

 

 

La beauté du monde

 

 

En ce mois si paniquant, voici de nouveau des foules de pauvres gens ballottés aux frontières de l’Europe au gré des intérêts du dictateur Erdogan et des lâchetés politiciennes. On regarde avec impuissance et détresse ces images de gens en fuite accueillis par les barbelés, les gaz lacrymogène et les insultes – ces images qui, cette fois, cinq ans après, ne provoquent plus aucun émoi collectif, à cause de la lassitude, de l’habitude des images, à cause de la peur de la montée des fascismes, à cause encore de cette autre menace venue de Chine et qui se précise de jour en jour.

 

Vraiment, on ne sait plus où donner de la tête tant sont nombreuses les raisons de pleurer et de trembler.

 

Et pendant ce temps, la Vallée ne trouve rien de mieux à faire que de refleurir, les lilas de bourgeonner, les pruniers de blanchir, et les bouvreuils pivoine de parader avec, sur leur poitrail écarlate, toute la scandaleuse beauté du monde.

 

 


 

 

 

Le confinement

 

 

Vigiemars2020ciel

 

 

Hors le monde, hors l’égout
cloaca maxima… 

Dominique A

 

Soudain tout s’arrête. On avait beau voir venir, on n’y croit pas. On pleure, on tremble, mais on peine à prendre la mesure de la catastrophe en cours qui, à force d’avoir été imaginée, semble n’être qu’un scénario de film. On ne croit jamais vraiment aux catastrophes, c’est notre commune protection : on se croit « hors le monde, hors l’égout », à l’abri.

 

Voici pourtant que tout s’arrête. On ne prend plus le chemin de l’école puisqu’il n’y a plus d’école. La floraison des jonquilles sur le talus de la D 207 continue sans témoin. Cette semi-réclusion qui est la mienne depuis à peu près deux ans – depuis que ma propre petite catastrophe intime m’a conduit à passer l’essentiel de mon temps dans ma « cave d’or », parmi les livres et les instruments de musique – soudain s’impose au pays tout entier.

 

Nul ne peut être mieux préparé que moi au confinement et à la distance. L’écrivain, par définition, vit à l’écart et travaille seul, lançant dans le noir ses lignes. Dans cette grande maison de pierre qui est mon radeau confortable, mon refuge pas si précaire, j’ai fait depuis longtemps provision d’images et de rêves : j’ai de la place, du silence et des rêves à revendre, je peux tenir longtemps.

 

À toute heure du jour et de la nuit je souffle dans mon saxophone, ou bien déploie le grand bayan noir de ma quarantaine et chante pour moi seul : « Hello, darkness my old friend… » Je tourne un peu dans ma cage dorée, lis un moment, reviens à mon roman : la grande crise en cours, en remettant en cause toute notre façon de vivre, notre frénésie de déplacements et de consommation, ne nous ramène-t-elle pas à l’essentiel, id est, pour l’écrivain, à sa tâche d’écrire – et pour chacun à celle de vivre ?

 

À trois heures cette nuit je m’arrête. La vie ordinaire s’arrête, laissant la vie rêvée continuer. Je sens se rouvrir dans mon crâne un petit sentier caillouteux qui mène à une plage déserte où caquettent des poules. Alentour des arbustes épineux où la lumière brûle, un paysage parsemé de maisons blanches aux volets peints en bleu, la mer turquoise et le cri des cigales. Des mouches se repaissent d’une patte de chèvre. J’avance. Je ne vois plus rien, je suis aveugle et me laisse guider par un jeune pâtre plein de sollicitude…

 

 


 

 

 

Mon portrait dans la glace (2)

 

 

LS1997

 

 

Soudain je pense à ce jeune homme aux boucles sombres qui vivait seul en ville comme un ermite dans la montagne, sortant peu, lisant beaucoup, vivant peu, rêvant beaucoup. C’était rue des Émeraudes dans le Sixième arrondissement de Lyon, et le monde aux fenêtres faisait un boucan d’enfer quand les trains, toutes les trois minutes, traversaient le grand pont métallique ; puis ce fut le plus paisible studio des Célibataires, avec vue sur le Parc et les pigeons plein le balcon, et enfin le merveilleux radeau de la rue Chevreul, près du Rhône, avec son jardin, le vieux mur en face, le bosquet de bouleaux, la haie de laurier, l’enclos, le figuier qui était venu pousser là tout seul et qui y est encore, parait-il…

 

Je pense à ce jeune homme qui, donc, vivait comme cloîtré, ayant ainsi simplifié l’étourdissante complexité des relations humaines et mis sous le tapis les questions décrétées insolubles. Par timidité, lâcheté, inconsistance, défaut central de l’être, ou encore parce qu’il se sentait happé par une autre ambition, il flottait loin des rivages d’autrui et à quelques encablures de sa propre existence. Même ses velléités d’accostages se transformaient en rêve, et l’amour à ses yeux ne pouvait être qu’une dérive ardente vers l’horizon inatteignable ! D’ailleurs il ne marchait pas : il flottait. Il parlait aux nuages, aux girafes et aux grèbes. Il n’avait pas besoin de ces drogues grâce auxquelles certains de ses compagnons échappaient à la réalité : il lui en aurait plutôt fallu une qui l’y ramenât.

 

C’est à ce jeune homme que me ramène le roman que j’écris. J’ai peine à le comprendre, j’ai peine à me comprendre. J’aimerais pouvoir lui parler à présent, l’interroger, lui dire peut-être – avec Marc-Aurèle – « quant à ta soif des livres, rejette-là afin de ne pas mourir en murmurant ! », et je l’entends d’ici me répondre que « la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature » – « Imbécile ! Tu n’avais rien compris ! » – « C’est toi qui t’es par la suite égaré en cherchant à vivre dans le monde sans en être capable, tergiversant au lieu de concentrer toutes tes forces dans l’accomplissement de ta tâche. Il serait illusoire, cependant, de penser que tu avais le choix, et plus illusoire encore de nier les attaches qui sont maintenant les tiennes. Tu as obéi aux injonctions de la pente, des vents, des courants et du temps, tu as été fidèle, au fond, et constant : la preuve, tu me reviens comme inchangé, les tempes un peu blanchies voilà tout, et le crâne rasé – mais ça repousse vite. Tu ne peux pas me rejoindre mais tu peux te taire et m’écouter me raconter ou te faire la lecture – cela, tu le peux. Ferme les yeux, je suis ton guide : ainsi, nous cheminons ensemble. »

 

 


 

 

 

Pour survivre en temps de crise

 

 

Je n’étais pas sorti depuis le grand labour
j’attendais que les cris s’espacent et cessent enfin…

Guidoni, « Tout va bien »

 

Lire et relire La Montagne magique parce que toute demeure est désormais un sanatorium, et La Recherche du temps perdu parce que Proust l’a écrit confiné dans sa chambre de liège et que l’œuvre est assez longue pour tenir toute la vie ; lire et relire les Notes de ma cabane de moine et quelques solides Stoïciens parce que ce sont des doctrines taillées sur mesure pour affronter le pire ; relire tout Nicolas Bouvier, puisqu’on ne peut plus voyager, et tout Philippe Jaccottet pour se rappeler à la fragilité ; lire aussi, en passant, les signes du printemps à la fenêtre : les lilas en bourgeons, les abeilles de sortie et le pinson qui s’est posé sur le chambranle. Pour les enfants, suivant les âges : Les trois mousquetaires en un seul gros volume pour Clément, et Illusions perdues pour Léo.

 

Quand on est fatigué de lire on peut passer aux films : pour la danse, la musique et l’arrogante splendeur des mondes emportés, Le salon de musique de Satyajit Ray, et Les joueurs d’échecs pour se jouer de l’échec. De Tarkovski Le Sacrifice, forcément, et Stalker pour mémoire. Pour les routes coupées et les fins sarcastiques, Cul de sac de Polanski, Mort à Venise pour saluer une dernière fois la beauté au temps du choléra, Amarcord pour se souvenir, et puis, pour la lumière, Kaos, les contes siciliens, des frères Taviani.

 

Si les yeux brûlent un peu on ferme les paupières et l’on écoute « The sound of silence », Léo qui joue « Impasse » à la Cave, « La fin d’un monde », « Tout va bien », la messe en si, le Requiem de Mozart ou plus rien.

 

Ainsi la journée passe.

 

Pour faire passer la nuit, écrire une, deux, trois pages du Livre de Madère, puis, enfin, s’enfoncer sans vergogne dans un rêve d’île en été.

 

 


 

 

 

Le jour se lève

 

 

Vigiemars2020lejour

 

 

Le jour se lève j'irais bien chanter
Avec le merle d'à côté
Déjà les étourneaux volent là -haut
Merveilleux nuage d'oiseaux
Oh mon amour la belle heure pour s'aimer
L'aurore dans mon corps fait couler la rosée
Le ciel est clair et l'air encore frais
Par la fenêtre ouverte, triomphe l'été

 

Voilà ce que chante Catherine Ringer dans ma tête (car c’est la chanson dont j’étais occupé à proposer l’arrangement pour notre petit groupe de musique actuelle lorsque tout s’est arrêté).

 

On n’en est pas du tout là. Ce n’est pas l’été, mais un printemps bien étrange qui commence ; ce n’est pas un merle qui chante mais un pinson qui répète à tue-tête sa phrase dure devant la fenêtre close de ma Cave ; ce n’est plus, ou ce n’est pas encore, ou ce ne sera jamais plus l’heure d’aimer, et seule la maladie en ce jour semble triompher, mais l’isolement et le confinement redonnent paradoxalement – en tout cas ce matin – un peu de vigueur, de la vigilance, et l’on se sent redevenu sensible et poreux au monde. Un simple tour dans le jardin procure une petite ivresse de contentement sans objet qui, sur le moment, chasse l’anxiété, et l’on se reprend à rêver.

 

(Quand on rêve à ce point c’est que, sans doute, il y a un problème avec la réalité, n’est-ce pas ?)

 

 


 

 

 

Tout est paisible

 

 

Vigiemars2020feu

 

 

 

Quel jour ? Quelle heure ? Dixième jour de confinement aujourd’hui. Le décompte des morts rythme les heures plus sûrement que la pendule, et toute phrase évoquant la situation actuelle semble tirée d’un roman de SF.

 

D’aucuns tiennent, paraît-il, des journaux de la catastrophe en cours ; mais moi, que pourrais-je dire que je n’ai pas déjà dit ? En quoi ces semaines passées dans mon refuge du Villard diffèrent-elles des autres semaines ? Le printemps qui revient ressemble à tous les autres, avec les mêmes primevères et les mêmes pissenlits aux mêmes endroits du jardin. Le chant du rouge-queue est toujours le même, le rouge-gorge qui sautille sur les mêmes branches des mêmes lilas est probablement le même que l’an passé, et les premières fleurs du prunellier, du forsythia, imitent à la perfection celles des années précédentes. Tout au plus remarque-t-on qu’il ne pleut plus, plus jamais, qu’il n’est pas tombé une goutte depuis le début du confinement, ce qui rend caduc le « haru same ya » (ondée printanière) des haïkus japonais.

 

Bien sûr, les enfants restent là, toujours, à la maison, et ne jouent plus avec leurs amis du village, mais cela pourrait encore ressembler à des vacances.

 

Bien sûr, N. reste là, toujours, à la maison, ce qui n’est pas normal mais rappelle encore plus le temps d’avant, d’avant les catastrophes.

 

L’après-midi, pour la première fois depuis bien longtemps, nous nous retrouvons tous les quatre dans l’enclos autour d’un feu de feuilles, et c’est soudain comme si le jardin était redevenu aussi vivant qu’avant, comme si la maison du Villard était redevenue notre maison et non plus mon tombeau.

 

Tout est tranquille, tout est paisible, tout est normal.

 

Et pourtant.

 

Il y a cette tension continue, comme naguère la conscience de la maladie qui jetait un voile sur tout ce que la vie pouvait avoir encore de coloré, comme la prescience de cet éloignement qui, sans être dit, faisait que la moindre douceur devenait une blessure. Privé de la parole que j’aimais tant porter auprès de mes élèves je soliloque devant l’ordinateur, et mon cerveau pendant toute la journée se remplit de messages et d’informations, d’informations et de messages. Le décompte des morts. Les perspectives les plus sombres. Le monde qu’on connaissait qui sombre. L’espoir quand même. L’anxiété. Le sentiment aigu de vivre la poursuite d’un assez rapide processus de perte et de décomposition enclenché, sur le plan intime, par la perte de..., l’éloignement de..., mais traduit sur le plan collectif, politique, écologique, sanitaire, économique, par les catastrophes en cours dont il n’est soudain plus possible de se détourner.

 

Trois heures du matin. Ayant rêvé que j’écrivais à l’encre rouge sur une copie : « Ce n’était qu’une fatigue passagère, vous n’êtes pas atteint du Covid-19 » je me réveille et ne peux plus me rendormir, en proie à une angoisse que je n’avais même pas vu venir, et à partir de laquelle je n’ai pas le courage d’écrire le moindre mot. Je me recroqueville dans le lit et cherche vainement le sommeil.

 

À cinq heures je reprends le Bayan et joue pendant une heure « The sound of silence ».

 

Tout cela, voyez-vous, n’était qu’une plaisanterie, une mise en scène destinée à rendre plus vraie la séquence sur la science-fiction : quand on aura fini la lecture de K Dick tout sera comme avant.

 

Tout est tranquille, tout est paisible, tout est normal.

 

Et pourtant.

 

 

© Lionel Seppoloni, tous droits réservés.