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JUSTE UNE HALTE EN MILIEU DE COURSE

 

Soleil pâle, lumière adoucie. Nuages cotonneux très blancs occultés par endroits par la masse plus grise et menaçante d'autres nuages. 

Je me laisse glisser sur cette route comme sur une rivière. À sept heures, personne. Je peux rouler très lentement. Des hommes sont au travail, qui repassent une couche de vernis sur l'abribus en bois, qui plantent des piquets pour les vaches, qui bêchent au jardin. Il semble ce matin qu’on vive un de ces moments d'équilibre provisoire. Pas la crête d'une saison pleine, été ou hiver ; juste une sorte de halte en milieu de course, au bord d'une prairie dont le vert n'est pas éclatant mais tout doux. Les nuages sont un cocon. Ce 4x4 qui roule devant moi, plus lentement que moi encore, avec les gilets orange à l'intérieur, rappelle à la menace. Puis chacun suit son chemin… 

À la terrasse du bar d'Arvillard, deux hommes et une femme fument et discutent en riant. Les arbres ici ont déjà bien roussi. 

Une corneille juchée sur un fil électrique me rappelle Crô, la corneille d’Annick et Joël, qui s'est éloignée et vient moins les voir.

En ce cantonnier qui balaye le bas-côté de la route, j'ai reconnu l'acteur Pierre Richard ; il m'a regardé avec l’air un peu ennuyé de celui qui se sait découvert. 

Puis voici Allevard, blotti dans le creux des montagnes, avec encore un peu de brume qui flotte au-dessus des toits et ce ciel partagé entre le blanc, le bleu et le gris.

 

19 septembre 2013