Le trésor de Courage

7 janvier 2026
Très tard la nuit, presque au matin, Courage sur le perron de la gueule 3 se gratte nonchalamment puis s’engage d’un pas décidé sur le toboggan, pour aller aux latrines je suppose. Mais moins de deux minutes plus tard le voici qui revient, surexcité, avec dans la gueule un animal manifestement congelé qui est peut-être un campagnol, peut-être une taupe. Il pose sa proie à gauche de l’entrée et tente de la mastiquer, puis il la reprend dans sa gueule et se place à droite, fait mine de pénétrer à l’intérieur mais fait demi-tour et remonte s’installer derrière l’épicéa, où Prudence le rejoint. Il se relève alors et se dirige cette fois vers la gueule 1, suivi par sa sœur qui semble moins intéressée par le cadavre que stimulée par cette agitation dont elle ne semble pas comprendre la cause. Les voici tous deux dans le champ de la caméra. L’animal est bel et bien raide et c’est une taupe, sans doute surprise par le grand froid. Courage repart vers le toboggan et disparaît enfin avec son trésor.
Ce n’est que la deuxième fois que j’observe un apport de nourriture au terrier, la fois précédente concernant Prudence qui avait dégusté des châtaignes devant l’entrée. Courage, quand il a trouvé cette taupe morte, a eu le réflexe d’y revenir, sans doute parce que c’est le lieu où il se sent le plus en sécurité et que c’était pour lui une trouvaille remarquable et peut-être inédite, surtout sous cette forme congelée ! On dit que les blaireaux ne mangent pas au terrier, je dirais pour ma part, à l’instar de Yann Lebecel, qu’il ne faut pas oublier le mot « généralement », ce qui laisse la place au moins à quelques repas ponctuels – qu’ils effectuent proprement, c’est vrai, car l’inspection rapide des lieux que j’ai pu faire après coup ne m’a permis de retrouver de traces ni des châtaignes, ni de la taupe (qui a pu être consommée ailleurs, après décongélation…). Ces images confirment cependant qu’il n’y a pas de partage de nourriture : Courage aura gardé pour lui seul ce trésor.


