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Comme chaque matin je me remets en route : la route est verte, la route est ouverte, la route est vaste, et belle, et sauvage !

 


  

 

LE GRAND VOYAGE

 

 

Accalmie entre deux averses : de la montagne baignée de brume on aperçoit à nouveau l’échine noire, et l’on constate que la neige a vraiment bien fondu. À main droite la gouille aux grenouilles déborde, à main gauche le Nan des Fruitiers (ce petit affluent du Gelon où j’aime aller rôder en été, en automne) a triplé de volume. Poiriers et cerisiers ont perdu toutes leurs fleurs, dont on ne retrouve pas même les pétales sur le sol lessivé. L’humidité suinte par les fissures qui rongent les façades décrépies des maisons de village. Les glycines alourdies font plier les tonnelles…

Soudain on plonge dans le brouillard, d'où sortent les spectres de deux cavaliers montant des chevaux noirs. Viennent en tête des mots comme « marécage », « pri-pri », « forêt brumeuse », « Sentier-Bateau » (c'était je crois le nom donné à un itinéraire particulièrement humide à Saül, au centre de la Guyane). Quand le brouillard se déchire on le regrette un peu, évidemment, à cause des rêves qu'il faisait resurgir. On se dit que le temps des voyages est fini, qu'on ne partira plus ; puis on considère cette route que traversent à intervalles réguliers des merles suicidaires ou de petits rongeurs (une musaraigne vient de s’y aventurer, qui a trottiné pour traverser avant de faire demi-tour), cette route maculée de boue, cernée de gris et bordée de part et d'autre par le vert presque phosphorescent des nouvelles fougères – on considère cette route et on se dit qu'on n’est jamais rentré mais encore en voyage, emporté dans un voyage que ne gâche plus aucun rêve de retour.

On boit d’un trait à la santé du Grand Voyage ce premier verre de mai, décoction forte de fougères fraîches, de fleurs arrachées et de brouillard.

 

4 mai 2015


 

 

LE CHANTIER

  

 

J'ai d'abord cru que cette poussière jaune sur le pare-brise était du sable, de ce sable du désert qui tombe parfois jusque dans nos montagnes − mais il s'agit en fait d'une fine couche de pollen jaune safran, que l'essuie-glace balaie bien vite. 

Doux temps gris. Partout les noms inconnus s'épanouissent : ces fleurs blanches des sous-bois, ces fleurs jaunes des talus, il faudrait s'arrêter pour les questionner. Le vieux chien de la ferme a repris son poste de guet, couché dans le virage. De nouveau les maigres troupeaux de vaches occupent les prés, dispersés comme des pierres. Un merle gît sur le dos, les pattes tendues vers le ciel, percuté depuis peu. 

Ça bouge, ça tremble, ça se déplace, ça construit, ça détruit et ça reconstruit.

Le mouvement du vent, on le voit d'abord aux branches des saules qui se penchent et se relèvent comme une bête dodelinant de la tête ; puis on constate que ce sont tous les arbres qui plus ou moins se penchent et se relèvent, comme on vacille, comme on salue. Il y a ce matin quelque chose d'un peu solennel dans les feuillages. En contre-haut le vent siffle sur les crêtes, et c'est à peine le début du printemps ; mais ici sur la route de ma vallée ce sont déjà les premiers fastes de l'été. 

Les chats se tapissent longuement dans les hautes herbes où ils rampent comme les fauves qu’ils sont restés, puis reviennent se dresser en miaulant contre les baies vitrées de ces maisons dont ils semblent être les seuls véritables propriétaires. 

Vision furtive du grand trou devant l'ancien l'hôtel d'Arvillard, dont les ouvriers sont en train de consolider les fondations. Sur la place c'est tout le bas de la nouvelle maison qui est déjà construit : je ne suis pas pressé, je m'arrête pour faire le point sur les travaux. Un peu plus loin il y a une autre maison en réfection, et une autre encore entourée d'échafaudages plus bas. J'aime qu'on refasse les maisons, qu'on prenne soin des vieux murs.

On a installé sur la ligne droite qui passe devant l'église un appareil qui indique la vitesse à laquelle roule l'automobiliste, en grands chiffres verts ou rouges ; je m'en réjouis : les jours de brouillard ou de grisaille comme aujourd'hui, cela fera de belles lumières. 

Je suis en avance. Je ralentis. Je flâne. Il y a dans ces sous-bois une incroyable odeur d'ail, de cet ail des ours qui évoque les promenades de mai, le muguet et l'enfance (on appelait « muguet d'Annie » cet ail des ours, parce qu'Annie un jour nous avait emmenés dans un bois où, ayant confondu les feuilles de l'ail avec celles du muguet, elle pensait faire une cueillette miraculeuse, et nous avions bien ri…).

Maintenant je file le long de la dernière ligne droite qui est grise comme le ciel, et c'est un peu comme si je volais juste au-dessus des arbres parce que les hautes herbes, vues avec la vitesse, ressemblent à la forêt vue d'avion…

Ainsi partout ça bouge et tremble, ça se déplace, ça construit, ça détruit et ça reconstruit, ça file en poussières, en pollens, en lignes de lumière, ainsi partout dans le grand chantier du monde. 

 

5 mai 2015


 

 

LA PLUIE (ET LE BEAU TEMPS)

 

 

Il pleut toute la nuit et je rêve de grêle. Au matin il bruine encore. Forêt lavée, route lessivée, lumineuse ; pare-brise criblé de gouttes...

Voilà : une fois de plus je ne parle que de la pluie et du beau temps. En vérité c’est parce que la route, la forêt, la montagne et le ciel ne me parlent que de la pluie et du beau temps : moi, je me contente de répéter. Dans les branches les oiseaux ne parlent que de cela, de cette pluie violente qui a mis à terre plusieurs nids, qui a noyé les chants du matin et qui les force à rester engoncés dans leurs plumes en attendant une éclaircie qui ne vient pas. Les troncs couchés sur le bas-côté ne parlent que de cela, qui suintent et pourrissent plus vite. Les voitures que je croise, plus nombreuses à cause de la Route des Gorges barrée par les éboulements, ne parlent que de cela, qui font en me croisant un beau bruit de ressac. Le petit torrent qui jaillit sur le bas-côté et lèche la route se réjouit bruyamment, cependant que la maîtresse répète avec consternation en ouvrant les volets : « On ne pourra même pas les faire sortir ! » La brume qui stagne au-dessus du champ, les moignons noirs des saules étêtés, les arbres défaits ne parlent que de cela. La terre à nu arrachée au talus parle aussi de cela. Les ouvriers qui travaillent à consolider les fondations de l'ancien hôtel pestent ou se réjouissent du contre-temps ; la glycine quant à elle indubitablement se lamente, qui a pleuré toutes ses fleurs sur le trottoir trempé. La forêt s'ébroue comme un gros chien vert après une baignade à l'étang, et murmure des paroles de pluie. Et plus loin alentour à travers le pays les paysans répètent ces mêmes paroles qui traversent les plaines, montent dans les vallées, se heurtent aux falaises et retombent en nouvelles ondées furibardes... 

Dire, pour dénoncer l'inanité des conversations mondaines, qu’« on ne parle que de la pluie et du beau temps », me désole toujours un peu. 

 

6 mai 2015


 

 

FENÊTRE OUVERTE

 

 

 

Fenêtre ouverte ce matin, fenêtre ouverte après la pluie. 

Le bruit du torrent, l'odeur du torrent. 

Le ruissellement d'une fontaine, le piaillement des moineaux. 

Une odeur d'essence, à cause d'une voiture qui a fait demi-tour à l'instant. 

Les trilles virtuoses d'une fauvette. 

L'odeur du fumier qui stagne devant l’étable. 

Un torrent encore, et un autre plus loin. 

Les troncs coupés, je les vois mais je ne les sens pas : il faudrait s'arrêter, se pencher. 

L'odeur d'essence des voitures croisées. 

L'odeur de goudron frais à l'endroit où la route a été refaite. 

Le ruisseau traversé, on l'entend bien et on sent aussi, mêlée à la forte odeur de l'ail des ours, l'odeur de l'eau – moins forte cependant que celle du pain et des croissants à l'approche de la boulangerie. 

Passé le petit pont, encore l'odeur de l'ail. 

Béni soit ce feu rouge des travaux, qui permet de respirer à pleins poumons le parfum de la terre ! 

Quand on passe devant le ranch voici, bien sûr, l'odeur du crottin. 

Ah ! L'odeur des hautes herbes, l'odeur de l'été. 

L'odeur aigre du bois coupé là-devant la scierie. 

Puis l'odeur du gasoil signe la fin de la route, et l’on referme la fenêtre.

 

7 mai 2015


 

 

RETROUVER LE SAUVAGE

(quelques notes)

 

 

Le pollen se dépose sur le pare-brise comme sur la fenêtre de toit. Les bras nus sur le volant, je sens monter l’odeur de l'herbe coupée, le cricri des criquets. Comme chaque matin je me remets en route : la route est verte, la route est ouverte, la route est vaste, et belle, et sauvage !

Pour retrouver le sauvage il n'est peut-être pas nécessaire (même si ce peut être utile) de partir très loin dans des expéditions périlleuses. L'oiseau qui chante, posé sur le fil électrique, ne chantait pas différemment il y a vingt-mille ans. Cet homme qui remonte la route avec son chien, un bâton à la main, marche comme l'homme marchait. Il est évident que nos sens, avec la sédentarisation, se sont atrophiés, mais notre esprit s'est peut-être affiné aussi, pour certaines choses en tout cas. Je regarde les martinets voltiger au-dessus de Presle, et il me semble que quelque chose (j'ai conscience que c'est peut-être une illusion, une facilité de pensée et de langage) voltige aussi dans mon esprit. Sans doute sommes-nous collectivement moins intelligents que les peuples premiers, ainsi que je le lisais tantôt sous la plume de Jared Diamond ; mais nous restons humains, nous pouvons encore apprendre. 

Pour retrouver le sauvage il faut affiner la perception, travailler le langage en ce sens et d'une manière générale mobiliser toutes nos facultés en ce sens.

Naturellement l'homme occupé à tondre sa pelouse juché sur son petit tracteur semble loin du sauvage… Mais qui peut savoir ? Peut-être, Indien caché, scrute-t-il, hume-t-il en douce les champs et le ciel alentour ? 

Voici juste en bord de route un tableau forestier saisissant : la lumière du soleil fume à travers les feuillages et frappe la mousse au pied d'un très grand épicéa. Aussitôt me voici projeté à La Giettaz, au temps de cette retraite refondatrice pendant laquelle je tentais naguère de retrouver le sauvage. De cela, de ce contact renouvelé avec la terre, avec la forêt, avec ce qu'on n’ose même plus nommer la nature, de cela on ne peut pas faire l'impasse si l'on veut renouer un tant soit peu avec le sauvage. Mais à partir de là tout redevient possible ; même rouler « sauvagement » à presque quarante kilomètres heure sur une départementale de montagne…

  

11 mai 2015 


  

  

COMMENT VA LA ROUTE ?

 

 

Comment va la route ce matin ?

Elle a le teint brouillé, les traits pas très nets, du flou dans les forêts, des flaques plein les ornières. Elle est grise et froide, elle a froid comme une petite vieille ratatinée dans un coin de l'hospice. Les vaches lui tournent le dos et broutent les hautes herbes qui gagnent sur le goudron. Les maisons l'ignorent, portes et fenêtres fermées à cause du petit froid de mai. La bruine la crible. Je la trouve étriquée, plus petite, plus courte que d'habitude. Plus que les hautes herbes, le brouillard ou la pluie, c’est l'inattention des passants qui en avale des pans entiers, et nous voici à l'arrêt de bus de Presle sans qu'on l'ait vu filer. (Sur l'abribus une pie joue les vigies – attentive, elle, sans aucun doute.) 

La portion de route récemment refaite est toute jonchée de fleurs blanches, comme pour préparer une procession. 

À Arvillard les travaux de refondation, de reconstruction et de réfection vont bon train. On roule jusqu'à la grande grue, on jette un œil aux travaux, un œil aussi à cette maison en face dont on refait le toit, on slalome lentement et puis on se laisse glisser en ligne droite jusqu'à la croix, jusqu'au pylône, jusqu'à l'usine et la frontière, puisque la route relie la Savoie à l'Isère.

Soudain la route se brouille complètement à cause de la pluie qui redouble et fait sur le pare-brise des gouttes si rondes qu'on hésite à user de l'essuie-glace. 

Ici la route grise rejoint le ciel gris ; là-bas la route beige rouvre le grand champ en deux, et ce sont aussitôt des images de plaie ou de fruits qui viennent en tête. 

Puis je m'arrête au bout d'un bras mort de la route.

 

20 mai 2015


 

 

 

EN VERT ET BLANC

 

 

 

Une procession de petits nuages serrés comme des moines Chartreux en robes blanches part à l'assaut de la montagne, dont le crâne aussi a blanchi — on voit très bien d'ici la limite de la neige fraîche.

 

Éclats blancs des voitures qui dans la brume ont rallumé leurs phares. 

 

Tout ce qui reste de lumière dans ce paysage funèbre s'est rassemblé sur la falaise.

 

Deux pies sur le toit devisent, tournées vers la route. 

 

Plus loin en fond de combe c’est toute la forêt qui a blanchi, à cause des frênes en fleurs. 

 

De la façade décrépie de la vieille maison, on ne remarque plus que l’encadrement en PVC blanc des fenêtres toutes neuves.

 

Ralentis, ralentis, disent les arbres à ton passage…

 

21 mai 2015


 

 

 

TRANSPARENCE ET OBSTACLES

 

 

Les gouttes sur le pare-brise rassemblent toutes les fleurs, toutes les lueurs, toutes les lignes, tous les arbres et le ciel, et la route et la montagne dans leurs miroirs déformants. L’effet est esthétiquement admirable, qui montre en passant à quel point une transparence sans obstacle présente moins d'intérêt. 

En filigrane se repose la question du travail sur la langue, que nombre d'écrivains aujourd'hui négligent, me semble-t-il, soit par facilité, soit par refus de l'art et de ses artifices au profit de la seule expérience. J'ai peur qu'il y ait là un vrai malentendu et parfois une vraie supercherie. 

Malentendu parce qu'à critiquer, avec raison, les excès d’un certain formalisme, on a fini par en nier les apports, à tel point que la littérature contemporaine semble être revenue non seulement aux temps d’avant le Nouveau Roman mais même d'avant Mallarmé... Bien sûr que les mots font obstacle. Je me scandalisais naguère de ces cours de sémiologie où l'on me lacanait en boucle que « le mot est le meurtre de la chose ». « Je ne suis pas chasseur, disais-je, et quand je dis : "cormoran", l'oiseau continue à voler ! » Naturellement il y avait dans ma candeur une part de vérité. On en avait trop fait dans la clôture du texte, et il fallait revenir au monde (ce qui en l'occurrence pour moi ce matin pourrait signifier : revenir à la route et à ce rayon de soleil qui vient de frapper la Chartreuse, dont la falaise de calcaire est une fois encore en cette fin de mai maussade et froide le seul lambeau de paysage illuminé). 

Imposture aussi, car cette manière d'appliquer la supposée transparence du haïku à l'écriture est aussi façon de prétendre à une immédiateté de l'expérience à laquelle je ne suis pas certain que les auteurs atteignent vraiment. Il y a dans les livres de Nicolas Bouvier ou de Jean-Pierre Abraham des moments de grande transparence, des moments où l'on touche véritablement quelque chose qu’on a envie de nommer « le monde », ou un sentiment du monde, parce qu’eux ne nient jamais l'obstacle et ont pour le dépasser forgé avec patience et humilité une langue d'une très grande précision dans les images alliée, pour Bouvier, à la syntaxe faussement flottante de notes prises sur le vif. 

Je ne me lasse pas de lire et relire Bouvier, Abraham, Réda ou Jaccottet, comme je ne me lasse pas de parcourir cette route (dont j'ai d'ailleurs ce matin peu parlé, emporté par des considérations théoriques moins intéressantes et plus inconsistantes que les gouttes d'eau qui me les ont suggérées), alors que les tenants de l'écriture rapide, de l'écriture de surface et du refus de l'image, après m’avoir un temps ébloui, me parlent moins ou ne me parlent plus du tout.

Voici cependant que je croise un jeune renard bien dépenaillé, bien crotté, qui trottine sur le bas-côté, s’arrête devant la voiture, se retourne et me regarde avec un air plus perdu qu’apeuré ; après quoi il remonte le talus, se retourne à nouveau, et s’enfonce comme à regret dans le sous-bois détrempé.

Je balaye l'obstacle des gouttes d’eau qui brouillaient la vision et file finalement sur cette route rectiligne au bout de laquelle de grandes masses de nuages gris bleu surplombent et prolongent la masse vert sombre de la montagne. Le Bréda roule à main gauche, vieux rêve de rivière profonde, opaque et chargée de mémoire plutôt que petit torrent trop limpide...

 

26 mai 2015


 

 

LA ROUTE COMME UN SERPENT

 

 

La route en plein soleil comme un serpent s'étire et fait rutiler ses anneaux d’ombres et de lumières. On suit avec elle la courbe de la montagne et l'on remonte jusqu'aux crêtes dont les derniers névés ruissellent. De toute cette lumière on se nourrit, comme les arbres, comme les plantes et les bêtes se nourrissent.

Fleurs et fruits. On prépare ses fruits. Cet été je vous promets de beaux fruits. J'ai accumulé beaucoup de force, beaucoup d'images, et je vous promets de beaux fruits. Vous les mangerez et vous vous éveillerez, vous y verrez plus clair, tout vous paraîtra plus évident et plus mystérieux à la fois, vous verrez la nudité de toute chose et vous connaîtrez votre grandeur, votre fragilité. Nos routes alors seront reliées, tous les ponts rétablis comme après une guerre. Nous irons en paix autant qu'on peut l'être, en paix avec le monde, et la route et nous-mêmes. Ce ne sera pas la route éternelle mais la route paisible et lumineuse même sous les nuages, même sans les fastes des hautes herbes, des frênes en fleurs et de la clarté de l'été. 

Je suis vraiment serpent, voyez-vous, j'ondule, je zigzague avec sensualité sur cette route encore froide où je me chauffe, où je me rassemble, où je ne prépare nulle morsure mais l'offrande du fruit. Bien sûr que je suis aussi un sacré rabat-joie, à voir et à montrer la mort partout où elle est (et elle est partout), à vous rappeler à chaque carrefour qu'il n'y a pas de paradis et que tout retombe en poussière ; je ne vous promets pas l'éternité mais la lucidité du fruit. 

La route est belle et sensuelle, qui se prolonge jusqu'aux crêtes et au-delà des crêtes, qui nous appelle, qui nous rappelle à la nécessité d'aller. Fais le plein de ta voiture et le vide en ton crâne, et repars sur la route claire qui t'appelle, qui te tente, longue, sinueuse et sensuelle comme un très beau serpent.

 

 

(Vu ce même jour sur la route du retour au soleil déclinant, et pour la première fois depuis des lustres, un serpent, une couleuvre à collier je crois d’assez belle taille, entrailles répandues sur la chaussée comme un fruit écrasé.)

 

28 mai 2015

 

 

 

 © Lionel Seppoloni, tous droits réservés.