DERNIERS SOUFFLES DE MAI
La voiture c’est le souffle de la route : une longue exhalaison, un long soupir qui fait trembler les herbes et s’envoler les merles et que seuls interrompent les carrefours, les travaux, l’oisillon ou le chat suicidaires.
À l’intérieur ça respire aussi, petit souffle qui va et vient, inspire-expire, comme un cœur affolé − et si ce souffle-là s’arrête la route s’arrête aussi dès le premier virage.
Ces souffles montent et se mêlent à ceux des passants, des bêtes, des torrents qui débordent, du vent, des arbres, de la montagne − tous ces souffles du monde que n’interrompt en rien l’ultime arrêt de mai.
31 mai 2016
© Lionel Seppoloni, tous droits réservés.