Route, mars 2016

 

 

 

NEIGE ET BROUILLARD

 

Routemars2016neige

 

J’aime laisser glisser le long du parebrise

les plaques disloquées de la neige amollie

qui me rappellent que ma vision n’est qu’un filtre

et mes mots un écran faussement transparent.

 

Traversant le brouillard je fais la mise au point

quelquefois sur la vitre (et la route s’efface)

plus souvent sur la route (et la vitre s’efface)

et n’use qu’à regret du navrant essuie-glace.

 

J’aime laisser la neige écrire au parebrise

mais j’aime plus encor cet instant où soudain

ses logogrammes clairs brouillés par la vitesse 

 

repartent en flocons dans le rétroviseur

et laissent place nette au grand ru de la route,

rune à interpréter, poème sombre à suivre.

 

16 mars 2016

 

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