Journal d’un biophile, mai 2026

D’un terrier l’autre

 

 

13 mai 2026

La recherche opiniâtre de terriers a conduit à la découverte dans un périmètre étonnamment restreint de deux autres, par nous nommés « des Chèvres » et « de la Souille », une autre gueule en contrebas dite « du Petit Sapin » s’étant pour l’instant avérée inoccupée. Il y quatre renardeaux au terrier de la Souille, cinq à celui du Grand Creux et six à celui des Chèvres. Chaque famille a ses particularités : les renardeaux du Grand Creux semblent les plus âgés et les plus agités ; ceux de la Souille sont les plus gris, leur mère se distinguant par une superbe robe partiellement cendrée ; ceux des Chèvres sont les plus discrets, les plus exposés aussi (car le terrier est proche d’habitations), et les plus faciles à individualiser car l’un d’entre eux est si curieusement rayé qu’on le croirait croisé avec une genette.

Relever les caméras des trois terriers de renards et des deux terriers de blaireaux, visionner les films et renseigner les tableaux sur lesquels je note le nombre d’individus présents demi-heure par demi-heure ainsi que leurs activités prend désormais tant de temps qu’il m’est difficile de tenir mon journal. Je m’en accommode. Que la vie déborde l’écriture est une excellente chose et même, un projet, un vœu, un idéal : il faut que la vie nous déborde. Ainsi j’écris moins, mais je marche, regarde et hume davantage, en quête déjà d’un nouveau terrier…

 

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