Un chat forestier

Terrier du Villard, 5 juin 2026
De nuit en nuit Courage et Prudence reviennent au terrier du Villard avec une régularité rassurante – tout au plus Prudence a-t-elle davantage tendance à disparaître, sans que je sache où elle passe la journée puisque les caméras du terrier « du bas » n’enregistrent plus jamais ses passages (je la soupçonne de s’être creusé quelque part son propre refuge, aucune des gueules secondaires répertoriées n’ayant été utilisée). Le relevé tourne donc à la routine, salutairement brisée par l’image d’aujourd’hui.
Il est 14h51 quand apparait sur le perron de la gueule 3 un chat forestier. Le doute ne m’effleure pas, tant la robe fauve assez unie, le dos crêté de noir et la queue épaisse de ce jeune adulte athlétique et maigre sont typiques. Lui qu’on prétendait il y a peu absent des Alpes, lui qu’on a tant et si absurdement chassé, est donc bien présent dans nos bois ! Une femelle a eu l’an passé des petits au-dessus du village, dont sans doute celui-ci. Plus bas vers le torrent, des pièges photographiques ont capturé l’images d’autres individus, et les observations se multiplient – non parce que la population est forcément en forte hausse, mais sans doute parce qu’il y a davantage d’observateurs et de caméras.
Comme celle du loup il y a quelques mois, cette visite modifie ma manière d’aller au terrier. Même en plein jour lorsqu’il est à peu près certain que les blaireaux dorment, j’avance plus prudemment, m’attendant à voir surgir à tout instant la silhouette du fauve…
