Journal d’un biophile, juin 2026

 

Une leçon de sommeil

 

 

Terrier du Villard, 6 juin 2026

Courage et Prudence sont censés être adultes, maintenant, eux que je suis depuis leur première sortie il y a un an, un mois et six jours, et pourtant ils continuent à jouer comme deux blaireautins sur le perron et l’esplanade ! Le blaireau autant que l’humain est un être d’habitudes… Je trouve d’ailleurs que ceux-là en ont pris de très bonnes : jeu, toilettage, farniente devant le terrier, balades en forêt… la belle vie, en somme.

À propos de sommes, les séances de lutte simulée et de poursuites endiablées ont lieu aux crépuscules du soir et du matin, mais quand l’aube point et que la fatigue se fait sentir, il arrive encore qu’ils se livrent à des siestes plus ou moins longues en extérieur. Ils s’allongent côte à côte, dans la même position, leurs museaux dépassant le cône juste au-dessus du toboggan, puis ils ferment les yeux et s’endorment. Le même comportement peut être observé en hiver, aussi n’est-ce pas une question de température – qui, d’une manière générale, ne me semble pas avoir une grande incidence sur eux. Il faut croire qu’il leur est agréable de dormir dehors, avec la sécurité du terrier si besoin mais le ciel étoilé au-dessus de la tête plutôt que le plafond bas du terrier.

Tous les humains insomniaques devraient en prendre de la graine, et appliquer la méthode des blaireaux :

  1. Trottiner dans les bois en glanant tout ce qui s’y trouve de plaisant ;
  2. S’allonger sur le ventre, poser sa tête entre ses pattes, fermer les yeux ;
  3. S’étirer, bailler, dormir…

À défaut, l’observation prolongée de leur sieste peut avoir des vertus soporatives car, à force de les regarder je me prends moi-même à bailler, et comme il est bien tard je ressens la nécessité et l’urgence du sommeil…

 

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