Journal d’un biophile, juillet 2026

 

Au terrier de la Persévérance

 

Vessel et Ratel au premier plan, Pennelle en arrière-plan.

 

25 juillet 2026

Le quatuor des blaireaux de la Persévérance cependant poursuit sa vie discrète entre départementale et grand champ. Cannelle, la blairelle, se livre à de réguliers travaux de terrassement, rouvrant ici une gueule que le dernier orage avait recouvert de terre et de feuilles, dégageant ailleurs des galeries dont elle évacue bruyamment et spectaculairement la terre en la projetant dans le ravin.

Les sorties en pleine journée sont devenues rares, la dernière remontant au 6 juillet, mais il est vrai que bien des choses m’échappent : ainsi ai-je raté un lever, à cause d’une caméra à panneau solaire dont la batterie, après deux jours pluvieux, s’était épuisée. Les scènes de jeux sont moins nombreuses aussi, ainsi que les retrouvailles à quatre – à tel point que je me suis inquiété de l’éventuelle disparition du blaireautin Vessel, avant de m’aviser de ce qu’il y avait bien toujours trois blaireautins mais que sa queue en brosse avait changé d’aspect et qu’il ne m’était plus possible d’user de ce critère si pratique. Pour continuer autant que faire se peut à les identifier, il faut comparer chaque fois et observer les attitudes.

L’utilisation systématique de la gueule située tout près du champ permet cependant d’obtenir de belles images en lumière de jour, lorsque les blaireaux sortent dès 18 heures ou s’attardent le matin. Voici les trois blaireautins qui somnolent au soleil couchant, leurs petits yeux fermés, Pennelle au premier blanc et les deux mâles en arrière-plan, avant de partir en vadrouille et de laisser la place à Cannelle, qui hume longuement l’entrée du terrier, puis à un chevreuil qui emprunte leur piste pour se rendre au grand champ. C’est un plaisir rare que de voir les légères striures sur leurs dos gris tout brillants et l’expression de leurs petits yeux myopes mais brillants…

Les voici un matin, Pennelle sur le dos comme à son habitude qui se fait épouiller par sa mère, l’un des deux autres blaireautins adoptant la même position de très grand relâchement ; puis ils s’en vont chacun de son côté, vers le bas ou le champ, alors qu’il est presque neuf heures et donc, en principe, l’heure de se coucher… Ce qu’ils vont faire, où ils vont dormir ce jour-là, je ne le saurai pas : peut-être sous une simple souche, en dehors du terrier, pour le simple plaisir de pouvoir s’étirer tout son long sans être gêné par les pattes des voisins ?

 

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