Étagnes et tégénaires au mont Granier

23 août 2026
Grand calme du plateau dévasté aux failles béantes pleines de tégénaires en embusque et de jardins secrets. On s’abandonne au pied de l’arbre mort, la tête pleine des images de la montée : les vols fous des martinets blancs, l’étagne et son éterlou en pleine sieste au soleil, et tous ces vols de tichodromes qu’on n’a pas vu, non, mais si bien rêvé que l’empreinte laissée dans la mémoire est quasiment la même…
Grand calme du plateau préservé, en bascule. Calcaire éclatant au soleil et flaques d’eau claire dans les vasques témoignent aussi bien que les traces des chamois, des bouquetins et les arbres ici restés verts, de la persistance de la vie.
C’était un beau jour de lumière pacifique et de douceur pour remonter ici où l’on refait provisions de sensations alpestres, malgré la grande frustration de n’avoir pu qu’apercevoir les tégénaires du lapiaz.
L’arbre mort penche sur le sorbier en fruits. Quand on n’y sera plus, les chamois occuperont notre place. Ici bien mieux qu’au monastère se fait la grande veille des vivants sur la vie, et l’on savoure s’il se peut avec la même ferveur dans l’abandon que l’étagne tantôt auprès de son petit, ce grand calme déjà d’automne, mu cependant par une folle envie de repartir crapahuter comme naguère et tant que c’est encore possible sur les sentes de montagne…
