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CES SIGNES TENDUS VERS

(Lascaux)

 

 

Un sentiment de danse de l’esprit nous soulève devant ces œuvres où la beauté émane de mouvements fiévreux : ce qui s’impose à nous devant elles est la libre communication de l’être et du monde.

 

Georges Bataille, Lascaux.

 

 

1.

 

L’homme se glisse dans la peau de la grotte animale

les chevaux 

lui montrent un chemin.

 

 

2.

 

Au bout du boyau

(au fond de ce puits qui n’est pas un puits)

le voici bientôt tombé à terre 

(mais ce pauvre graffiti qui le figure

semblerait plutôt flotter)

face au bison blessé qui le charge

(ou simplement se retourne sur sa blessure

qu’il considère avec cette stupéfaction

qu’hommes et bêtes ont en partage

devant l’innommable).

 

L’homme — ce griffonnage enfantin

à tête d’oiseau

a planté là un bâton

à tête d’oiseau

 

bras ouverts

tête renversée 

sexe dressé

il

part 

en 

flèche.

 

 

3.

 

Ce signe au devant du taureau

est-ce le mouvement du taureau ? 

la prière au dieu Taureau ?

l’homme face au taureau ?

le taureau en l’homme ?

 

Pourquoi le cheval retourné

barre-t-il le retour 

aux autres chevaux ?

 

 

4.

 

Les signes demeurent

conservés là par miracle

nous rappelant quoi ? 

 

 

5. 

 

Sur la paroi portative du carnet

l’homme longtemps après 

trace encore

ces signes 

tendus 

vers